Les tribulations d’une animatrice d’atelier aux temps de la COVID (2)

En janvier, devant l’impasse de la première session par « ZOOM », je fais fi des risques et me rends dans le foyer pour la seconde session de l’atelier. Convaincus de l’intérêt malgré les difficultés du premier module Zoom, les jeunes sont présents. Ils ne sont plus que deux, le troisième ayant quitté la structure entre-temps.  Cette deuxième séance en face à face se révèle beaucoup plus satisfaisante pour tout le monde. Déjà, c’est la première fois que ces deux jeunes se retrouvent face à un professionnel dans le cadre de la recherche d’un emploi. Une réalisation bien plus impactante quand la personne en question est assise à quelques pas de vous plutôt qu’une image sur un écran d’ordinateur. Impossible, cette fois, d’échapper aux regards, aux questions, et au stress! A force de simulation et de conversation, ils prennent tous les deux conscience de leurs faiblesses, qu’elles soient dans leur comportement ou dans leur projet professionnel en lui-même. Et ils trouvent des pistes pour s’améliorer.  Pour le jeune qui n’a jamais fait ce genre d’entretien et qui doit pourtant en passer un dans quelques semaines pour entrer dans le lycée de son choix l’année prochaine, cet atelier est une prise de conscience de l’importance de bien se préparer à l’entretien. Il prend l’exercice au sérieux. Je le vois changer complètement d’attitude, il devient sérieux, modifie sa posture, son regard, son discours pour me convaincre. Quant à la jeune fille qui s’entraîne dans le cadre d’une recherche de stage, et qui peine à m’exposer ses motivations, l’atelier révèle deux choses. Le besoin d’avoir une vision claire de son projet professionnel, tout d’abord : dans le cadre d’un entretien, quelques questions peuvent vite pointer du doigt les incohérences et les faiblesses dans la réflexion et lui faire perdre ses chances de convaincre. De gros soucis d’anxiété, ensuite, bien cachés derrière son apparence de jeune fille assurée et volubile, et dont même ses éducateurs n’avaient pas conscience. 

Les jeunes, les éducateurs et moi sortons de cette séance avec le sourire et avec l’impression d’avoir avancé, chose qui ne semblait pas gagnée après la première tentative virtuelle. 

Au-delà de l’aide apportée aux jeunes, cette expérience a eu le mérite de confirmer ce qui fait la différence dans l’accompagnement que propose Capitales :  c’est le contact humain ! C’est cela dont les jeunes ont le plus besoin : une expérience concrète avec des adultes bénévoles qui se tiennent devant eux et prennent le temps de les mettre en confiance. Si les alternatives virtuelles ne peuvent être évitées à chaque fois en cette période, elles ne peuvent se substituer à l’expérience d’une vraie rencontre. CQFD